Lors de sa présentation au festival de Cannes, Soderbergh a présenté son film sur le Che de plus de 4h et l'acteur principal
Benicio Del Toro y a reçu le prix d'interprétation. Pour sa sortie en salle l'oeuvre a été découpée en deux films, avec comme sous-titres "L'argentin" pour la première partie
et "Guerilla" pour la deuxième.
Est-il possible de différencier ces deux parties ? En tout cas même si le combat de jungle est présent à chaque fois, l'atmosphère n'est pas la même.
Dans la première partie c'est la re-conquête de Cuba, il souffle un esprit de révolte positive, de révolution face à un pouvoir installé par les américains et d'idéalisme. Les
aller-retours temporels, entre les combats et l'intervention à l'ONU du Che une fois le pouvoir conquis, donnent la dimension du personnage et installent le spectateur dans la logique de la
victoire.
Au contraire le rythme semble plus lourd dans la deuxième partie ou le Che retourne sur le terrain pour libérer la Bolivie. J'ai vu ce film avec une grande méconnaissance de
l'histoire de Che Guevara mais je me suis douté dès le début que cette guerilla était l'ultime combat du révolutionnaire. Certains trouvent cette partie trop longue, trop
lente.
Mais au contraire je suis personnellement bien rentré dans l'histoire, comme si j'étais entré dans la jungle au côté des combattants, que j'avais partagé leur quotidien. Soderbergh
a voulu se donner les moyens de montrer que même dans ces conditions, le temps peut s'écouler au ralentit, l'action semblant alors s'engluer vers son dénouement tragique.
L'icone qu'est devenu Che Guevara méritait un tel film sobre et précis. Pas d'effet hollywoodien et ni de musique grandiloquante pour en faire un héro. Ce diptyque donne envie d'en
savoir plus sur le personnage historique ce qui en fait déjà une réussite, et la performance d'acteur de Benicio Del Toro finit de faire de ce film une référence
qui permettra à des générations de découvrir Ernesto Guevara.