Cinéma


Vendredi 20 mars 2009
Ce film est un bijou ! "La journée de la jupe" était au départ un film destiné à la télévision, mais grâce au succès rencontré dans de nombreux festivals, le film va sortir en salle le 25 mars prochain. Il vient ce soir d'être diffusé sur ARTE et c'est vraiment un film coup de poing ! Ou devrais-je dire coup de boule...

Le début, une classe de français où le sujet du jour est le bourgeois gentilhomme de Molière. Isabelle Adjani, la prof, a du mal à faire respecter un minimum de discipline au milieu d'insultes et d'agressivité. Et puis voilà, deux élèves trafiquent on ne sait quoi en plein cours, la prof s'en mèle et un pistolet tombe du sac. C'est finalement la prof, sous la menace, qui va s'emparer de l'arme et tenir en joue sa classe.

C'est cash ! Les dialogues bien directs, tout est dit sans faux-semblant, le racisme, le sexisme, l'anti-arabe, l'anti-juif, l'anti-céfran... On jublie aux répliques de cette prof qui peut enfin se défouler et dire leur 4 vérités à des élèves qui ont pour seuls repères la loi du plus fort. On rit même, avant, petit à petit, de se rendre compte que la comédie de Molière est bien décalée face au drame qui se joue.

Tous les acteurs sont bons et criant de réalisme. La plupart des jeunes jouant les éléves sont amateurs et on est bluffé par le naturel de leur jeu. Isabelle Adjani quant à elle est parfaite ! Drôle, touchante, émouvante, piquante... Le cinéma français a bien tord de se passer de cette grande actrice.

Y-a-t il un message, une leçon qu'on peut tirer de cette histoire ? Bien-sûr c'est plutôt une image négative de la banlieue qui y est montrée, mais elle n'est sans doute pas trop éloignée de la réalité. La leçon du professeur de français c'est que sans l'école, sans la connaissance et le savoir, rien n'est possible pour ces jeunes et qu'ils n'ont pas le droit de se poser en victime.

C'est en tout cas une vraie réussite et on plonge directement dans l'histoire, dans ce huis clot captivant qui tient en halène jusqu'au bout.


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Dimanche 22 février 2009
C'est le film événement de ce début d'année 2009, l'étrange histoire de Bunjamin Button du réalisateur David Fisher raconte la vie d'un homme qui nait comme un bébé de 80 ans puis rajeunit d'année en année. Cette fabuleuse histoire écrite par l'écrivain F. Scott Fitzgerald lève les thèmes du passage du temps, du destin, de la jeunesse, de la précarité de la vie et bien-sûr de l'amour.

On peut y voir un côté "Titanic" avec la vieille femme qui raconte son histoire et permet les flash back entre la Nouvelle Orléans du début du siècle et celle de l'ouragan Katrine. Un petit côté "Forrest Gump" aussi par l'histoire de cet homme-enfant qui traverse le temps et différencie plus que les autres l'important de l'essentiel. Et même un côté "Amélie Poulain" dans la description des destins croisés, sorte d'effet papillon qui amène plusieurs personnes à être à l'origine d'un accident qui changera le cours d'une vie.

Mais ce film porte par lui-même une fraîcheur et un regard bien à lui sur ce temps qui passe, qui vieillit notre corps, dégrade notre mémoire et nous oblige à accepter d'être séparé de ceux qu'on aime.

L'interprétation est juste, Brad Pitt et Cate Blanchett  crééent ici un nouveau couple mythique du cinéma.

L'étrange histoire de Benjamin Button a été encensé par la critique et est un vrai succès en salle. Est-ce cependant un chef d'oeuvre ? La cérémonie des Oscars d'hier l'a un peu boudé en ne lui attribuant que 3 récompenses techniques (effets visuels, direction artistique et maquillage) malgré ses 13 nominations. C'est en tout cas un film réussi qui mérite qu'on se déplace en salle pour le voir.


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Mercredi 11 février 2009

Lors de sa présentation au festival de Cannes, Soderbergh a présenté son film sur le Che de plus de 4h et l'acteur principal Benicio Del Toro y a reçu le prix d'interprétation. Pour sa sortie en salle l'oeuvre a été découpée en deux films, avec comme sous-titres "L'argentin" pour la première partie et "Guerilla" pour la deuxième.

Est-il possible de différencier ces deux parties ? En tout cas même si le combat de jungle est présent à chaque fois, l'atmosphère n'est pas la même.

Dans la première partie c'est la re-conquête de Cuba, il souffle un esprit de révolte positive, de révolution face à un pouvoir installé par les américains et d'idéalisme. Les aller-retours temporels, entre les combats et l'intervention à l'ONU du Che une fois le pouvoir conquis, donnent la dimension du personnage et installent le spectateur dans la logique de la victoire.

Au contraire le rythme semble plus lourd dans la deuxième partie ou le Che retourne sur le terrain pour libérer la Bolivie. J'ai vu ce film avec une grande méconnaissance de l'histoire de Che Guevara mais je me suis douté dès le début que cette guerilla était l'ultime combat du révolutionnaire. Certains trouvent cette partie trop longue, trop lente.

Mais au contraire je suis personnellement bien rentré dans l'histoire, comme si j'étais entré dans la jungle au côté des combattants, que j'avais partagé leur quotidien. Soderbergh a voulu se donner les moyens de montrer que même dans ces conditions, le temps peut s'écouler au ralentit, l'action semblant alors s'engluer vers son dénouement tragique.

L'icone qu'est devenu Che Guevara méritait un tel film sobre et précis. Pas d'effet hollywoodien et ni de musique grandiloquante pour en faire un héro. Ce diptyque donne envie d'en savoir plus sur le personnage historique ce qui en fait déjà une réussite, et la performance d'acteur de Benicio Del Toro finit de faire de ce film une référence qui permettra à des générations de découvrir Ernesto Guevara.

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Mardi 17 juin 2008
Le Sixième sens, Incassable, Signes, le Village... On peut dire que le réalisateur M. Night Shyamalan se spécialise dans l'étrange et le frisson. Alors avec son nouveau film, Phénomènes, on est en droit de s'attendre a avoir des sueurs froides.

L'histoire est intrigante : subitement, au coeur de Central Park à New York, les gens se mettent à avoir un comportement incohérent et sucidaire. Le phénomène inexpliqué semble s'étendre sur toute une région. On suit donc la fuite d'un couple face à cette menace mystérieuse.

Cela ressemble à un film catastrophe classique. D'ailleurs on peut faire un petit parallèle avec La Guerre de Monde dernière version. Même fuite dans une amérique désorganisée, même refuge dans la demeure d'un personnage inquiétant... Cependant rien à voir dans les effets ni dans le traitement de l'action.

Ici le spectateur est dérouté. Des plans suggèrent des mystères, des évenements qui n'arrivent pas. Une vision sur une centrale nucléaire, une balançoire qui continue de grincer... On s'attend à quelque chose, mais rien ne vient. Pourquoi ? Pour nous mettre mal à l'aise et mieux nous emporter dans l'histoire et partager la fragilité des personnages perdus face à l'incompréhensible ? Le mal à l'aise est bien là mais pas sûr qu'il soit efficace.

Par contre certaines scènes ne sont pas suggérées et on se demande pourquoi. Pourquoi par exemple le réalisateur nous montre le sang, les membres déchiquetés, les cranes transpercés... ? Il aurait pourtant été plus glaçant de suggérer tout cela plutôt que de nous exposer des mutilations pas toujours réalistes.

La facilité aurait été ici d'utiliser les ficelles classiques du film catastrophe comme savent bien le faire les américains. Le réalisateur a préféré entrenir le mystère, ne pas donner de réponse et mettre le spectateur mal à l'aise. Malheureusement, si on peut se laisser prendre par l'histoire et les personnages, les quelques scènes réussies qui peuvent donner quelques frissons ne suffisent pas à captiver et les sueurs froides promises ne sont pas vraiment là. Contrairement à certains spectateurs, sans doute déroutés par des choix de réalisation incompréhensibles, je ne dirait pas que le film est raté... Mais l'idée de départ et les premières images laissaient espérer un bien meilleur traitement de cette menace invisible.

Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Lundi 18 février 2008
undefined Bon alors comment présenter ce film ? A première vue on dirait un remake de Godzilla, un nouveau film catastrophe où un vilain monstre détruit tout sur son passage... Une nouvelle daube donc vous diront avec dédain les adeptes des films d'auteurs moldavo-thaïlandais recommandés par Télérama.

Et pourtant... Ce film vaut le détour. Bien-sûr il faut apprécier l'action, le suspens et aimer devoir se cramponner à son siège.

Ici pas de héro pour sauver le monde, pas de morale à deux balles, pas d'essai nucléaire français. Une menace surgit sur Manhattan mais on ne sait, et ne saura pas, ce que c'est vraiment ni d'où ça vient.

Le tour de force de ce film, et son originalité, c'est que l'histoire nous est raconté au travers d'un film amateur pris sur le vif. D'ailleurs le début du film est tout à fait anodin, une fête surprise pour le départ au Japon d'un ami. La séquence est assez longue pour sympathiser avec les personnages et se mettre à leur place quand le danger leur tombe dessus.

Il y a le précédent du faux film amateur "Le projet Blair Witch" sauf que là il y a des moyens, un scénario et de vrais acteurs. Les premiers moment de la "catastrophe" font inévitablement penser au 11 septembre. Le mouvement cahotique de la caméra n'est pas vraiment pénible, au contraire on ne peut que vivre l'action en même temps que les héros et y croire.

En résumé, ce film renouvelle un genre déjà bien éculé et réussit son pari de nous embarquer dans une histoire invraisemblable : bravo !

Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

Samedi 12 janvier 2008
undefined "Into the wild" (en pleine nature) est  le quatrième film de Sean Penn en tant que réalisateur. Et quel film !

Le scénario est basé sur l'histoire vraie de Christopher McCandless, un jeune américain de 22 ans qui, au début des années 90, décide de quitter un destin brillant tout tracé pour parcourir les routes à la recherche de ce qu'est l'essentiel et la vérité de la vie humaine à travers la communion avec la nature, sans conscession.

Le film dure 2h30 et ,si Christopher fait plusieurs rencontres importantes au cours de son périple, c'est surtout à la fois la nature magique des grands espaces américains et sa personnalité torturée et attachante et son intelligence qui tiennent l'écran. Alors il faut être prêt à rester assis devant ce spectacle grandiose, à adhérer à cette atmosphère, cette bouffée d'oxygène et de recherche spirituelle.

Peut-être certains trouveront le film long. Pourtant il ne l'est pas du tout. Sean Penn maitrise le tempo et les émotions. Comment ne pas entrer en empathie avec ce jeune idéaliste qui va jusqu'au bout de ce qui lui apparaît comme important et juste ?

On n'a pas fini d'entendre parler de ce film qui devrait recevoir de nombreux prix mérités (enfin j'espère !) et Sean Penn s'installe défnitivement dans le clan des réalisateurs de talents qui savent mettre de l'intelligence dans leurs oeuvres.

Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires




Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Présentation

  • : Petit blog perso avec des nouvelles du sud pour les amis, mais aussi des articles sur l'actualité, le cinéma, mes balades à pied ou à moto et des photos des évènements de la région.
  • Recommander ce blog
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés